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Les interviews de Nouvelle france
Thursday, 22 March 2012 09:39

jean_yves_petit Jean-Yves PETIT : « Le système ferroviaire français est à bout de souffle »

Vice-Président du Conseil Régional, l’élu EE-LV Jean-Yves PETIT préside la commission transports/éco-mobilité. Il a accepté de nous donner son point de vue sur le transport ferroviaire en PACA.

Moins connue que le développement économique, la formation professionnelle ou la création des lycées, la compétence transport représente environ 10% du budget régional. Pouvez vous nous expliquer le partage de responsabilité entre la région PACA et la SNCF (offre de service, desserte, tarifs sociaux, acquisition et renouvellement de matériel...) ?

En 2002, la Région est devenue autorité organisatrice des transports ferroviaires régionaux de voyageurs. En doublant le montant de la dotation financière transférée de l’Etat, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a ainsi, en 10 ans, renouvelé la majeure partie du matériel roulant, financé le doublement des dessertes ferroviaires (et routières) régionales, cofinancé la modernisation des infrastructures ferroviaires régionales, réouvert la ligne Cannes – Grasse (et bientôt Avignon – Carpentras), fait installer des afficheurs temps réel dans toutes les gares et haltes ferroviaires, mis en place une nouvelle tarification des transports régionaux plus attractive, la gamme ZOU !

Par rapport à l’ensemble de ces décisions politiques et financières de la Région, la SNCF est force de proposition, de sa propre initiative ou, le plus souvent, à la demande de la Région. Elle chiffre et se fait rémunérer les modifications de services, et est responsable de la qualité du service aux voyageurs. La Région inflige des pénalités financières à la SNCF dès lors que les dysfonctionnements relevés excèdent la marge d’aléas prévue au contrat.

Vous déclariez* il ya quelques mois la nécessité de « rénover le système ferroviaire français ». Selon vous, est-ce que cela doit passer par une ouverture à la concurrence, des investissements plus lourds de l’Etat et des Conseils Régionaux, un dialogue permanent et plus constructif entre RFF et la SNCF ?

Nous sommes très nombreux aujourd’hui à considérer que le système ferroviaire français est « à bout de souffle », notamment en ce qui concerne son financement et sa gouvernance. Pour autant, l’expérience du fret ferroviaire en France, et de nos voisins européens, montre que l’ouverture à la concurrence ne constitue, en aucune manière, la solution miracle à ces problèmes. Elle ne prive en aucun cas le système ferroviaire français dans son ensemble de se réformer.

Plutôt que la poursuite d’un éclatement des structures et des responsabilités, générateur de nombreux surcoûts, il s’agit de parvenir à un pilotage unifié du système, impliquant au premier chef ses principaux acteurs que sont les Régions. Celles-ci ne veulent plus être les arbitres locaux de divergences d’appréciation entre RFF et les différentes parties de la SNCF, mais les pilotes d’un système régional où les différents directeurs d’exploitation disposent des marges de manœuvre nécessaires pour adapter le système aux besoins du territoire. Parallèlement, l’Etat doit retrouver un rôle de stratège et assumer ses responsabilités financières sur le réseau, sauf à transférer aux Régions des dotations plus importantes et/ou une plus large autonomie fiscale.

La région PACA a dernièrement été lauréate du grand prix « Service voyageurs ». Vous devez vous en féliciter. Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs la politique offensive de la région déployée pour les TER ?

Ce Grand Prix « Service Voyageurs » décerné par le jury mis en place par la magazine Ville Rail & Transports vient saluer les efforts entrepris depuis 2 ans par la SNCF et les services de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sous mon impulsion, pour redresser et améliorer la qualité du service TER. Grâce à une mobilisation sans précédent de l’ensemble des acteurs du ferroviaire en région, les résultats ont été impressionnants : le nombre de trains supprimés a été divisé par 4, et celui des retards divisé par 2.

Pour autant, chaque semaine qui passe nous rappelle que ces résultats sont fragiles, et que le processus d’amélioration doit se poursuivre et s’intensifier, tant en ce qui concerne la maintenance de l’infrastructure et des matériels roulants, qu’en matière de traitement des situations perturbées, d’information des voyageurs, de présence humaine à bord des trains … C’est l’objet de la deuxième phase du plan PrioriT qui vient de nous être présentée par la SNCF.

En tant que spécialiste, pouvez-vous nous livrer votre sentiment sur les lignes à grande vitesse ? Faut-il les développer rapidement afin de mailler définitivement le territoire hexagonal ?

Le Schéma National des Infrastructures et des Transports (SNIT) prévoit la construction de 3 500 nouveaux kilomètres de ligne ferroviaire à grande vitesse. C’est totalement irréaliste financièrement, et c’est même un contre-sens sur le plan écologique … et social. La première urgence, ce sont les transports du quotidien, et l’entretien et la modernisation du réseau existant (LGV comprises) : il y manque déjà plus d’un milliard par an !

Pour autant, et pour citer l’exemple de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on ne pourra améliorer et densifier l’offre ferroviaire en région, y compris pour les TER et les trains InterCités, que pour des augmentations de capacité du réseau, et celles-ci passent par certains tronçons au moins de ligne nouvelle, notamment dans les alpes Maritimes.

Vous « tête de pont » des transports à la région, Karim ZERIBI réélu à l’unanimité Président de la RTM en fin d’année 2011, le transport devient une affaire « écologiste », renforcé par le grenelle de l’environnement. Justement, que pensez vous de l’élu marseillais, et de son action dynamique au sein de la Régie ?

Nous travaillons main dans la main avec Karim Zéribi depuis maintenant plusieurs mois sur différents sujets, dont celui de la sûreté, de l’information voyageurs, de la tarification intermodale, de l’aménagement des pôles d’échanges et de la coordination des offres de transport dans l’aire métropolitaine marseillaise.

Nous partageons la même ambition de la nécessité d’un véritable RER à l’échelle de l’aire métropolitaine marseillaise, avec, par exemple, la transformation de la gare de St Antoine en véritable pôle d’échange (RTM, SNCF, bus du département, vélos, …). Cette idée vient d’être reprise par la coordination des conseils de développement des différentes agglomérations constituant ce territoire. Est-ce à dire que toute la société civile est devenue écologiste ?

*Marsactu : Octobre 2011

Monsieur PETIT, nous vous remercions pour l’ensemble de vos réponses.


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Les interviews de Nouvelle france
Wednesday, 30 November 2011 10:30
deperetti

Geoffroy DE PERETTI : « C’est une erreur de confondre les dispositifs « zones franches » avec des niches fiscales »

Geoffroy de Peretti, a crée avec des associés et son épouse la première société du groupe ETIC dans la sécurité en 1994. Désormais le groupe  exerce diverses activités en France à Paris, Montpellier, Nice…

Malgré la crise économique, il lutte pour la pérennité de son entreprise en s’appuyant sur l’humain, sans pour autant négliger la croissance et les marges, qui sont les indicateurs techniques pertinents pour jauger la santé d’une société.

Même si ses entreprises ne bénéficient plus des aides étatiques liées à leurs installations en zone France, il a fait le choix d’y maintenir ses activités.

Votre société existe depuis 1994 et rayonne dans l’hexagone mais aussi à l’étranger. Pourquoi avoir
choisi la cité phocéenne pour installer le siège de votre société, qui plus est au sein de Marseille nord ?

Marseillais de naissance, la question du lieu de création  de l’entreprise ne s’est pas posée…
Nous avons créé ETIC Sécurité pour affirmer les valeurs de l’éthique dans un métier qui avait du mal à se structurer dans ce domaine et avec la volonté de donner une dimension « accueillante » à la mission de l’agent de sécurité. Grace à ce choix, nos clients nous ont rapidement sollicités pour faire de l’accueil externaliser à l’année, nous avons ainsi créé ce métier dans la région !

En appliquant les mêmes méthodes d’organisation à l’accueil événementiel, nous sommes également devenus les leaders régionaux dans ce domaine. Puis nous avons orienté une branche de nos activités vers les centres d’appels. L’ensemble de ces activités représentent beaucoup d’emploi pour les marseillais, c’est pourquoi notre implantation dans les zones franches des quartiers nord de Marseille était naturelle, citoyenne et efficace.

Le 1er janvier prochain, le dispositif relatif aux zones franches  sera modifié.  Qu’en pensez-vous ?

C’est une erreur de confondre les dispositifs « zones franches » avec des niches fiscales. Au contraire c’est le seul système qui à vraiment fait ses preuves dans le domaine de la discrimination positive envers les populations des quartiers difficiles et la redynamisation de ces zones. Ce ne sont pas les CV anonymes ou autre dispositifs irréalistes sortis de l’esprit de gens qui ne connaissent rien au recrutement qui changeront le comportement des entreprises, mais des mesures incitatives fortes avec une  application rigoureuse pour éviter les  « effets d’aubaine ». Les changements prévus rendront plus difficiles la réalisation de ces objectifs. L’embauche d’un salarié sur deux issue de la zone Franche au lieu de un sur trois rendra, par exemple, très compliquée la réussite de nos entreprise dans les quartiers nord.

Personnellement, comment avez-vous œuvré afin de combattre le fort taux de chômage au sein des quartiers populaires ?

Je ne prétends pas avoir changé la donne, mais même aujourd’hui, alors que nous ne bénéficions plus d’aucune aide, nous sommes restés dans nos quartiers et la majorité de nos salariés sont issus de notre centre de formation.

ETIC conseille et forme plus de 250 personnes par an pour améliorer leur « employabilité » . Mon engagement en tant que Président de Corot Formation (centre d’apprentissage) contribue aussi à l’employabilité de nos jeunes.

Vous connaissez Karim ZERIBI et son positionnement offensif sur le développement des PME. Une classe politique qui s’adresse aux chefs d’entreprises, cela doit faire du bien en période de crise économique ?

Le rapprochement de l’ensemble des décideurs (politique, économique, de la cité…) est le seul moyen pour résoudre nos problèmes sociétaux et économiques. Quand les hommes politiques s’intéressent à l’entreprise, ils motivent les patrons et les entreprises à être plus citoyens. La santé des entreprises, et notamment des PME, est le poumon de notre pays et je ne pense pas que cette position soit colorée politiquement, ce n’est qu’une question de bon sens. Nous avons aujourd’hui besoin de toutes les bonnes volontés… Et de personnalités dynamiques.

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